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photo de quelqu'un lisant le journal

UNE TUILE ? NON, LE PPRN !

Cet été une enquête publique vous a permis d’exprimer votre opinion sur le projet de révision du PPRN (plan de prévention des risques naturels). Ce projet, s’il peut paraître rassurant quant à la prise en compte du risque de submersion marine, n’en demeure pas moins excessif quant aux hypothèses retenues et inquiétant quant aux conséquences sociales et économiques pour certaines communes de l’île. Quid de l’étude de danger (EDD) élaborée par le département ? L’EDD est un document technique permettant une appréciation sur le comportement d’un ouvrage face aux éléments de référence. Dommage que le projet ne donne aucune information. Il semble cependant que l’interprétation faite par l’état de cette EDD soit contestable et d’ailleurs contestée par le département. Rappelons que si ce projet est validé, il s’imposera au futur PLUI notamment sur la réglementation de l’utilisation des sols et imposera des contraintes excessives pour les constructions nouvelles ou même l’aménagement de l’existant. Sous couvert de protection, ce projet de PPRN nous plante et fige nos communes pour des décennies. L’objet d’un PPRL est de sécuriser les personnes et les biens mais, aussi de permettre un développement durable des territoires. Il semble que ce second objectif se soit perdu dans les méandres d’une réglementation abusivement protectrice et frileuse. L.B

picto chien

PAROLE DE CHIEN

Ma vie associative

Aujourd’hui ma maîtresse m’a inscrit dans une association, « l’association des chiens villageois ». Elle me dit qu’il faut absolument faire partie d’une association si l’on veut être « intégré » à son village. Cela permet d’échanger, de partager et de faire des connaissances. Le problème c’est que le chien Brutus en fait aussi partie et qu’il est très agressif avec moi. Il grogne et me montre les dents lorsqu’il passe devant ma maison avec son maître. En plus, il est le chef de « la bande des chiens grincheux », ce qui lui donne un ascendant sur les autres copains à quatre pattes. Heureusement, il y a Harkos et Haddok, mes amis fidèles, et surtout la belle Ouros. D’ailleurs c’est pour être plus souvent avec elle que j’ai accepté de m’inscrire. L’association organise des sorties ludiques : promenades, baignades et tours de manège où l’on peut attraper l’os du Mickey pour ensuite l’offrir à sa belle. Demain, je participe à ma première sortie. J’espère que Brutus aura sa muselière sinon je mettrai mon collier électrique ce qui lui chatouillera les dents s’il essaie de me mordre !

picto d'une langoustine

De la taille des langoustines

Peut-être avez-vous remarqué cet été sur les étals des poissonniers, entre les moules et les bulots, les « nano-langoustines » grosses comme un petit doigt, soit à peine plus qu’une crevette. Quand va-t-on arrêter cette course effrénée au bas prix où pour 15 euros le kilo (quand même !), on vous vend 5 grammes de chair ? Car franchement, une fois décortiquée et sans la tête, il ne reste pas grand-chose ! Il n’y a pas de « maille » pour la pêche de ce crustacé et c’est bien dommage. À les prendre si petits ne risque-t-on pas d’épuiser la réserve en ne leur laissant pas le temps de se reproduire ? À quand les « bébés-crabes » et les huîtres miniatures que l’on dégustera dans des dînettes d’enfants ? Chers consommateurs, les industriels de la pêche, distributeurs et autres revendeurs nous prennent pour des gogos, soyons clairvoyants et… ne les achetons pas ! L.B

picto groupe enfants

QUELQU’UN M’A DIT...

...À la fête des associations, j’ai rencontré Léo et Charlotte qui m’ont dit : « Didier, on va quitter l’île, c’est trop difficile de se loger correctement ici ; et on a croisé Aude et Arnaud qui vont aussi partir : eux qui ont des compétences en dehors du tourisme et de l’agriculture ont trop de peine à y travailler ». Quatre jeunes de moins ! En rentrant chez moi, j’avais encore ça dans la tête : on perd des vieux, les jeunes ont des difficultés pour rester et Saint-Clément est ainsi passé de 721 à 632 habitants entre 2009 et 2014. Le lendemain, attablé avec Rémi, j’évoque cette situation avec lui. « Tu vois Didier, me répond t-il, le tourisme a engendré un renouveau de l’île en diffusant de l’activité dans tous les villages. C’est bien, le tourisme n’a jamais été aussi florissant. Mais il n’est plus suffisant, on en touche les limites. Comme ailleurs, il a fait monter le prix de l’immobilier et son dynamisme masque un déséquilibre économique périlleux à terme. Malgré la CDC qui fédère les énergies, l’île apparaît sur la défensive, craignant pour ses richesses, plutôt que comme une entité sûre d’elle, capable de se tourner vers ses partenaires potentiels pour explorer une autre voie d’avenir. Pour moi, l’île a besoin d’un pôle d’activités majeur qui soit l’autre force du territoire et crée la centralité qui lui manque aujourd’hui. » « Tu ne crains pas qu’une telle démarche soit risquée pour l’identité insulaire ? » « Non, je pense que c’est la poursuite de la situation actuelle qui est périlleuse. Sans renoncer à ses richesses, il faudrait que l’île sache « se mettre en danger » pour s’ouvrir un avenir ». Didier

picto d'un journal

L’INFO PAR LES NULS...

Cet été, la presse ne nous a pas épargnés. L’île-de-ré deviendrait une réserve de célébrités et de riches bobos, abrités derrière des murs épais et vivant en vase clos. Les commerçants seraient les affreux descendants des Thénardier, chers à Victor Hugo, cupides et sans âme. Quant aux rétais, au fait oui, qui sont-ils ? On ne sait pas car le journaliste parisien s’intéresse au phénomène de mode « Île-de-Ré », mais très peu à ceux qui y vivent, sauf à les caricaturer. Dommage aussi de ne pas évoquer les vacanciers lambda, ceux qui fréquentent l’île régulièrement, depuis des années, comme attirés par ce bout de terre qui les envoûte et leur donne, à chaque fois, l’irrésistible envie de revenir... À force de chercher le sensationnel, on finit par oublier l’essentiel. Espérons que les vacanciers continueront de venir en amoureux de cette île et non attirés comme les papillons par des lumières artificielles qui finiraient par leur brûler les ailes… L.B