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lecteur au camping des baleines

Billet d’humeur

Pas une assemblée d’association environnementale sans l’intervention de donneurs de leçon (toujours les mêmes) qui viennent stigmatiser le tourisme. Tout est prétexte à brandir l’épouvantail du « tourisme quantitatif » et ses hordes d’envahisseurs qui mettent à mal la qualité de vie des rétais et explosent tous les compteurs de la « capacité d’accueil », bla, bla, bla… Faut-il rappeler que beaucoup de famille vivent du tourisme qui, quoi qu’on en pense, reste la première ressource économique de l’île ? Grâce au tourisme, nous avons une offre variée de commerces, de beaux marchés, des festivals, des animations, des espaces naturels préservés, un réseau important de pistes cyclables. Quant à l’expression « tourisme de qualité », je ne sais pas ce que cela signifie et je ne suis pas sûre d’avoir envie de le savoir. Attention à ne pas faire de l’élitisme car on risque d’y perdre en authenticité. L’île de Ré doit rester une destination familiale à l’image de ceux qui y vivent. Un touriste me disait récemment qu’en trente ans, l’île avait perdu de sa simplicité… À méditer. L.B

picto chien

PAROLE DE CHIEN

Le blues du chien

J’ai la haine ! Ma copine m’a quitté après trois ans de relation amoureuse. Elle est partie avec Black, un Setter anglais bellâtre et plus jeune que moi… L’ingrate ! Après toutes les promesses qu’elle m’avait faites et les friandises que je n’ai pas mangées pour les lui offrir. Finies les escapades joyeuses sur la plage, les gamelles d’eau partagées et les regards complices. Devant mon désarroi, ma maitresse m’a dit : « Ne t’en fais pas, une de perdue et dix de retrouvées ! ». Mais qu’est-ce qu’elle veut que je fasse de dix copines ? J’ai déjà du mal à en garder une… De toute façon, pas question de me laisser abattre et de montrer à l’infidèle et son cabot ma souffrance. Passés les deux premiers mois à me morfondre en écoutant du fado sur mon smartphone, j’ai fini par m’inscrire à un club de rencontres et dans la case « personne que vous souhaiteriez rencontrer », j’ai écrit « louve »… Il parait que les louves sont fidèles, je l’ai lu dans un magazine chez le « docteur chien ». Au fait, est-ce qu’il y a des louves sur l’île ?

petit garçon

Les odeurs d’été de mon enfance

Dans les années 50, à la rentrée scolaire de septembre, c’était la période où l’on préparait le matériel pour les vendanges : les barriques et les basses (genre de petits tonneaux verticaux dans lesquels on foulait le raisin dans la vigne à l’aide d’un pilon) étaient rincées dans les rues ; de l’eau violette s’écoulait dans les caniveaux véhiculant une odeur de vinasse… Puis venait le moment des vendanges avec l’odeur du moût qui sortait des pressoirs, de la « râpe » (rafle) pressée puis découpée en forme de parpaing, déposée sur le bord de la rue avant d’être transportée. En octobre, on respirait l’odeur du « sart » (varech), ramassé à la côte puis entreposé en gros tas de l’autre côté de la digue pour qu’il se décompose. Il était mélangé ensuite avec le fumier du bétail et servait d’engrais. Début novembre, c’était l’ouverture, pour les propriétaires de marais, de la pêche aux anguilles. Dans les villages, se répandait une odeur d’anguille grillée sur les braises de sarments de vigne. Il était choisi de préférence les morguins (anguilles argentées plus grasses et plus goûteuses). À la période de migration des oiseaux, on allait, muni d’un grand sac à pommes de terre en jute et d’un bâton, éclairé par un fanal (lampe à carbure), ramasser les grives (entre autres) qui se fracassaient sur la tour (le phare) attirées par les rayons lumineux, seule source de lumière dans la nuit noire. De retour à la maison, on était de corvée de plumage devant la cheminée : bien sûr, cette odeur de plumes grillées envahissait la maison. Les oiseaux confits et conservés dans le saindoux étaient réservés dans des pots en grés. WGI.
Lire la suite dans le prochain numéro et retrouvez les deux premières parties de ce très joli texte sur la version web du journal numéros 06 et numéros 07

enfant qui s'ennuie

La belle assiette

Avez-vous remarqué la nouvelle tendance lorsque vous dinez au restaurant ? Nos congénères semblent plus attirés par le visuel de leur assiette que par le goût des mets proposés. Au moment où je me saisis de ma fourchette et de mon couteau, mon convive dégaine son Smartphone et clic ! Le plat est dans la boite et prêt à être expédié à la famille et aux amis via internet. Ils vont baver devant tant de beauté ! Et là, je reste coite… Comment peut-on envoyer à ses amis la photo de son déjeuner ? J’interroge ma voisine Psychologue qui me fait un cours sur le narcissisme ce qui ne me rassure en rien. Espérons que la réputation de la cuisine française ne va pas se réduire à l’art de disposer une carotte nouvelle et deux morilles avec un trait de sauce rouge ou verte… ou jaune à côté d’un dos de maigre joliment caché sous un lit de condiments dont le nom est aussi obscure que l’apparence. Si cette tendance devait perdurer, les cuisiniers devront-ils arrêter de mitonner des pots-au-feu et des chaudrées de poissons au prétexte que ces plats ne seraient pas « photogéniques » ? En fait, la bonne question est de savoir s’il y a une limite à la bêtise et là j’ai bien peur que la réponse soit… non ! L.B

musiciens

Les petits cailloux

Si Ars a Nathalie Baye, Les Portes Fabrice Luchini et Loix Laurent Deutsch  ; sachez, Villageoises et Villageois, que nous avons aussi notre vedette : le petit Poucet. Si, si, je l’ai repéré la semaine dernière ou plutôt sa maison, cachée au cœur du hameau des Doraux. En effet, difficile de ne pas remarquer le parterre de pierres joliment disposées à même le sol le long de l’habitation. Une véritable œuvre d’art en forme de ronds, de croissant de lune, d’ancre marine, de pointillés. Tant d’abondance de cailloux sur un si petit périmètre m’incite à penser que le petit Poucet fait des provisions car il craint peut-être de se perdre à nouveau en forêt. En tout cas, espérons que l’ogre ne lise pas notre petit journal sinon, il pourrait chausser ses bottes de sept lieux et, en quatre enjambées, venir de la Rochelle dévorer notre petit Poucet… Mais alors, que ferions-nous de tous ces beaux cailloux ? Un mausolée à la gloire de notre héros local ?  ? Matesi